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Samedi 26 Mai 2012 à 12h05
Par HEDONEO MEDICAL | dans les catégories : Dossiers thématiques, Pour lui | Aucun commentaire pour le moment
Souvent le réflexe est de chercher une solution qui confère un sentiment de sécurité en évacuant purement et simplement le problème des fuites urinaires par l'utilisation d'un étuis pénien relié à une poche urinaire ou plus simplement en utilisant des protections hygiéniques. Ces solutions peuvent être utiles en cas de pertes abondantes, dans les premiers temps ou en dernier recours si tout espoir de retour à la continence est écarté.
Mais pour ceux qui souhaitent et qui peuvent retrouver le contrôle de leur miction, ces solutions fournissent l'illusion du confort et les privent de l'entrainement nécessaire à ce contrôle. En effet, laisser faire l'écoulement urinaire involontairement revient à abandonner le contrôle urinaire volontaire.
L'utilisation d'un clamp pénien, appelé aussi obturateur urétral, permet de mieux prendre conscience de la fuite urinaire et de mettre en jeu efficacement l'activité musculaire urétrale permettant un relâchement de la vessie et une contraction du col vésical. En empêchant l'écoulement et la sortie de l'urine, le clamp favorise le retour au rôle sphinctérien de l'urètre, c'est à dire s'opposer à la contraction vésicale non souhaitée ou d'interrompre rapidement une miction en cours.
Certes l'utilisation d'un clamp peut paraître moins confortable et nécessite un apprentissage et un effort, mais il a le mérite de mettre sur la voie du contrôle urinaire.
Le saviez-vous ?
La vessie, qui se remplit en continu via les reins, est reliée à un canal par lequel l'urine passe pour être évacuée : l'urètre. Chez la femme, la pression de la vessie et la gravité suffisent à uriner car l'urètre ne mesure que 3cm. Chez l'homme, l'urètre mesure 20cm et traverse une partie prostatique, une partie membraneuse (zone musculaire) et une partie spongieuse (zone des tissus érectiles). L'urètre masculin peut avoir plusieurs rôles. Par exemple, il est fermé dans sa partie prostatique lors de l'érection afin d'empêcher la miction lors de l'éjaculation. On sait aussi, que l'urètre est pourvu de fibres musculaires sur toute sa longueur. Le tonus musculaire de l'urètre est régi par le système nerveux végétatif (notamment l'orthosympathique) et sa stimulation provoque le relâchement de la vessie et une contraction du col vésical.
Certains muscles du périnée sont très impliqués dans l'arrêt de la miction. C'est le cas du muscle bulbo-spongieux, qui se trouve dans la partie membraneuse du trajet urétral et qui est actionné volontairement. Ce muscle est activé lorsque l'on veut mettre fin à l'écoulement urinaire. Il peut être travaillé en effectuant des exercices du périnée (exercices de Kegel) faisant intervenir le muscle releveur de l'anus. Aussi, il est logique d'apprendre à l'utiliser au bon moment (en situation), c'est à dire contracter le périnée au moment où l'on a pris conscience de la fuite (c'est pourquoi l'utilisation d'un clamp est efficace).
Aussi, on sait que la contraction maintenue des muscles bulbo-spongieux et releveur de l'anus a un rôle inhibiteur sur l'activité contractile de la vessie. Pour faire simple, les exercices de contraction du périnée réduisent l'instabilité vésicale post-prostatectomie.
En France, le système de santé offre la chance de pouvoir apprendre à effectuer des exercices de tonification du périnée auprès d'un(e) kinésithérapeute. Les séances sont très bien pris en charge, car suite à une prostatectomie il y a de fortes de chances d'être en ALD (Affection Longue Durée prise en charge à 100%). Pourquoi donc s'en priver ?
Pour s'entraîner à la maison, il est possible d'effectuer des contractions du périnée sans accessoire (en effectuant des séries de contractions volontaires du releveur de l'anus), ou en utilisant un neurostimulateur avec une sonde anale. L'intérêt de l'électrostimulation périnéale est d'aider à prendre conscience des muscles du périnée, d'associer un travail actif au moment de la stimulation, et de faire travailler une grande quantité de fibres musculaires. Cette technique est d'autant plus efficace si l'on est coaché (voir notre service de coaching).
Cela peut paraître étonnant, mais comme son nom l'indique l'appareil uro-génital n'est pas uniquement dédié à la continence mais aussi à la sexualité. L'une des meilleures façons d'imposer un travail au muscle bulbo-spongieux est de créer une érection. En effet, le muscle bulbo-spongieux joue un rôle de compression qui concoure à la retenue du sang dans les corps caverneux pour maintenir l'érection, par conséquent au moment de l'érection il est actif.
Or, dans beaucoup de cas l'érection est rendue impossible à la suite d'une prostatectomie en raison d'une lésion du nerf caverneux, ce qui rend inefficace les molécules comme le sildenafil (Viagra), le tadalafil (Cialis) et le vardanefil (Levitra) pour le traitement de leur trouble érectile.
Dans ces conditions, le recours à des injections de prostaglandines dans les corps caverneux ou l'utilisation de pompe à vide (vacuum) font aujourd'hui consensus dans le protocole de rééducation uro-génitale de l'homme (voir notre billet : Quand le viagra ne fonctionne pas).
Portez-vous bien !
Cet articel est informatif et n'a pas pour vocation de remplacer une consultation
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